Le monde ne s’est pas complètement effondré. Sous les coups de boutoir des super riches qui se sont construit de luxueux refuges flottants et après quelques conflits, il ne reste à terre que des communautés qui tentent de survivre. Dans ce contexte, le destin de la petite ville de Seward en Alaska bascule quand la luxueuse cité flottante Concordia et ses habitants si jeunes, riches et parfaits, jette l’ancre dans sa baie.
Exil fait partie de ces romans qui mêlent avec le bon dosage histoires personnelles et un panorama plus large.
Histoires personnelles
On suit les trajectoires personnelles des membres les plus importants d’une petite ville. Tout le monde se côtoie, parfois depuis toujours, et croit se connaître. Mais est-ce vraiment le cas ?
Le personnage principal “Red” revient de Californie, où elle a travaillé à la construction de ces cités. Son retour va faire remonter bien des choses…
Les autres personnages ne sont pas secondaires. Ils participent tous avec leurs motivations crédibles à une situation qui peut partir dans n’importe quelle direction.
Seward est un comme huis-clos dont les murs volent en éclats.
Panorama plus large
J’aime quand un artiste capte des tendances profondes de notre société et qu’il en tire un roman d’anticipation puissant et cohérent.
Oui, le résultat est un monde cohérent, qui a une histoire qui participe à l’intrigue et qui donne une profondeur que peu de romans ont.
Connexions
Je vais essayer de trouver des sources/thèmes qui auraient pu inspirer Stéphane et avec lesquelles j’ai fait des connexions
- Le monde.fr - Les 1 % les plus fortunés posséderont bientôt la moitié de la richesse mondiale
- Hacking Social - La soumission au costume
- Les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon à propos de leur livre “La violence des riches”
- La recherche de l’éternelle jeunesse de la classe dirigeante dans (mon film culte entre tous, c’est vous dire) : Brazil
“We’ll make you look twenty years younger” - Les Gated communities
- L’excellent roman “Snow crash” Je reviens de lire mon avis sur cet excellent roman de Neal Stephenson et je suis frappé (encore) par la proximité de certains thèmes
- Le film Elysium : les riches qui se sont exilés en orbite, les pauvres sont laissés à l’abandon sans soins sur Terre, un homme va se (re)lever… (Et oui, le scénario tient en une ligne ou presque)
Vous allez me dire : “Quoi, ce film bâclé, manichéen et peu subtil ?”
Eh bien si vous avez vu le film, lisez le roman : vous verrez comment une idée proche peut être bien mieux exploitée.
Si vous n’avez pas vu le film, lisez le roman (et vous reviendrez me dire en commentaire à quel point Elysium ne tient pas la comparaison avec Exil) - Un peu aussi la ville de Paris dans “La foire aux immortels” d’Enki Bilal
je ne peux pas dire pourquoi, mais en fait c’est bien plus qu’un peu… - et encore (en vrac) :
Les panama papers (c’est l’argent qui fuit offshore… amusant parallèle)
Ne trouvez-vous pas que les SUV sont une forme de violence routière basée sur l’argent ?
La ville de Genève (une des villes les plus chères du monde avec un microcosme de gens fortunés)
La Suisse serait-elle un “Concordia” au sein de l’Europe ?
Points positifs divers
- Comme d’habitude avec Stéphane, c’est bien écrit
- Les personnages ont de la consistance
- Le rythme va crescendo
- La fin qui augure d’un tome 2 incroyable …. (ne pas divulgâcher)
Points négatifs ?
- La saison 2 n’est pas encore écrite !
- rien d’autre
