Les sept divinités du bonheur

Keigo Higashino ★★★★★ 29/09/2022 3 min de lecture

Un polar japonais brillant où l'inspecteur Kaga démêle une intrigue complexe autour d'un meurtre à Tokyo, mêlant enquête minutieuse et détours narratifs caractéristiques de Higashino.

Onzième roman de Keigo Higashino chroniqué sur mon blog. Et c’est un « classique » de cet auteur.
Mais qu’est-ce qu’un classique de Keigo Higashino ?

  • Un polar
  • Une enquête minutieuse au rythme particulier
  • Le Japon
  • Une intrigue avec ce qu’il faut de détours

« Les sept divinités du bonheur » coche toutes les cases avec brio !

Le récit se déroule au cœur de Tokyo autour du pont Nihonbashi (le point d’origine des routes japonaises).
Un homme s’écroule sur le pont, poignardé.
Non loin de là, un homme se fait renverser en fuyant un policier.
On retrouve sur lui le portefeuille de la victime. Mais que faisait-elle dans ce quartier ?

C’est l’inspecteur Kaga Kyōichirō qui mène l’enquête à sa manière.
Personnage récurrent des polars de Keigo Higashino, Kaga pratique ici la déambulation enquêtrice, la promenade policière.
Il parcourt les lieux fréquentés par les protagonistes.
Il apprend à connaître le quartier pour comprendre ce que faisaient là la victime et l’assassin.
Chaque restaurant, café, commerce spécialisé, témoin et surtout, touche très japonaise, tous les petits temples, même les plus modestes, même les plus discrets comptent.
Une véritable immersion dans Tokyo nous est offerte.

Si vous allez au Japon, n’oubliez pas ces petits temples. Ils ne sont pas dans les guides. Ils sont des parenthèses calmes, arborées, souvent cachées. Ils sont l’âme des quartiers.

Vous trouverez l’enquêteur un peu froid, un peu distant.
Mais il est mis face à son attitude plusieurs fois dans le roman.
Il y a de toute façon une retenue toute japonaise des personnes. On n’exprime pas forcément ses émotions au grand jour.
Et il m’a semblé que cette froideur servait le récit.
Parfois, au détour d’une rue, d’un coup de fil, d’une rencontre, l’émotion surgit.
Le récit est comme l’enquête. C’est une promenade faite de découvertes, de détours, d’égarements.

Les personnages sont tous ou presque bien présentés, construits soigneusement. Ils ont une histoire personnelle, une profondeur, des motivations réelles.
On les comprend. Ils sont attachants, crédibles, réels.
Les thèmes sont multiples : la famille, les croyances, la peine, la culpabilité, la précarité, le monde professionnel, l’attraction de Tokyo, la pression des pairs, la fin de vie et aussi les premiers pas.
La dissimulation, le mensonge par omission sont partout (et vous serez surpris).

Le récit permet de découvrir un aspect peu familier pour nous, Européens : le rapport très personnel des Japonais avec leurs croyances.

Autres avis

En conclusion

Keigo Higashino maîtrise de mieux en mieux son récit.
Même si vous n’avez pas lu les précédents tomes, je vous recommande cette nouvelle enquête.
Évidemment, lire les précédents opus vous permettra une très agréable familiarité avec les méthodes de Kaga Kyōichirō.

D’autres avis

  • Retrouvez la critique de ce roman sur ma source d’idées de lectures japonaises : Le blog “Comaujapon”

Suggestions de Lecture

Le bateau-usine

Takiji Kobayashi

★★★★★

Roman prolétaire japonais documentant l'exploitation brutale des pêcheurs de crabe en bateau-usine, sans individus nommés sauf l'intendant, avec un regard cru sur l'inhumanité du travail.

Hideout

Masasumi Kakizaki

★★★★☆

Manga d'horreur efficace où l'obscurité domine : huit clos sanglant aux personnages sans rédemption, bien dessiné malgré une caractérisation faciale parfois excessive.

Les délices de Tokyo

Durian Sukegawa

★★★★★

Une exploration authentique de Tokyo à travers ses petites rues et ses marginalisés, révélant les blessures historiques et sociales du Japon avec nuance.

Suivre le blog

Pour ne rater aucun article, abonnez-vous au flux complet ou au flux des extraits.

Informations
Un carnet d'adresses Du même auteur