Le cœur de Kiev

Andreï Kourkov ★★★☆☆ 19/10/2023

À Kyiv en 1919, Samson le milicien bolchévique raconte son quotidien avec un ton simple et parfois involontairement burlesque, offrant un portrait de la ville sous le régime communiste.

Avril 1919, Kyiv, nous suivons le milicien Samson chargé de faire respecter l’ordre bolchevique.
Particularité, il a perdu son oreille.
Cet épisode est raconté dans le précédent roman « L’Oreille de Kiev ».
Quoi, un précédent roman ???
Rassurez-vous :

  • Je n’ai pas non plus lu le précédent livre (Comment ai-je pu passer à côté ?)
  • J’ai lu le roman précédent, allez lire ma critique
  • Il y a un court résumé du précédent opus pour brièvement introduire tout ce qu’il faut savoir sur Samson.

C’est en effet Samson qui raconte son quotidien.
Un quotidien raconté tout simplement. C’est parfois d’un burlesque involontaire.
C’est surtout prétexte à décrire le quotidien de Kyiv après l’accession des bolcheviques.
La vie y est dure, faite de privations, de partages « volontaires » des logements, des meubles, de tickets pour les restaurants collectifs.
Les habitants de Kyiv ont du mal à se faire aux nouvelles règles absurdes qui surgissent sans cesse.
Les combines, les entourloupes sont légion.

Samson enquête sur un « trafic » de viande que l’on pourrait qualifier de bien ordinaire.
Ordinaire oui, mais subitement devenu illégal.
Samson et ses collègues enquêtent maladroitement.
Mais le ton neutre et modeste de Samson est un traquenard pour vous, lectrice ou lecteur.
Car la milice n’est que la 1ʳᵉ phase du royaume de l’arbitraire.
La milice convoque, arrête, emprisonne selon son bon vouloir.
Mais ensuite la Tchéka prend le relais.

Et c’est là le talent d’Andreï Kourkov, il nous fait suivre le quotidien d’un homme qui fait son travail, qui aime passer du temps avec sa tendre amie.
On remarque bien en passant, comme du coin de l’œil, la misère qui frappe les habitants de Kyiv, ceux qui ont perdu beaucoup.
On note la perte de repères des gens…
Et soudain,…

Alors au fond, on se demande ce que l’on aurait fait, la place que l’on aurait trouvée dans ce système autoritaire et répressif.

En conclusion

Je vais me dépêcher, après la lecture que je viens de commencer, d’attaquer « L’Oreille de Kiev »

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