Les Bébés de la consigne automatique

Les Bébés de la consigne automatique

Je suis très souvent au milieu d’un autre livre. Je suis en train de lire “Le Jardin Arc-en-ciel” d’Ito Ogawa. Ce roman nous parle beaucoup d’acceptation, de bienveillance. Ici il n’y en a aucune et le contraste est saisissant.

Deux orphelins de mères différentes ont été trouvés abandonnés dans les casiers de consignes automatiques. Cela va les rapprocher. Ils seront un peu comme deux frères.

Mais c’est un roman de Ryû Murakami. La vie n’est pas bienveillante.

Ce qui m’a frappé dans le roman est leur parcours complètement en marge de la société. La vie ordinaire travail, mariage, famille, conventions sociales (et elles sont fortes au Japon) sont complètement absents de la trajectoire des deux orphelins.

L’histoire est une peinture aux traits nets et acérés de deux personnes ne trouvant aucune raison ou buts dans la vie. La société ne leur en donne aucun et leur retire même ce qu’ils ont pu trouver.

Une partie du roman se passe à Tokyo, la ville y est très bien décrite. Elle y est presque organique et est une formidable révélatrice pour au moins un des deux frères.

L’histoire est donc un voyage initiatique sombre, mais pas sans moments de fulgurance. Les deux personnages sont en quête d’identité. Ils n’en trouveront pas et préféreront chacun à leur manière détruire.

C’est donc un roman dur qui jette un regard cru sur deux êtres qui ne peuvent se construire.



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