Raffles hôtel

Trois trajectoires singulières convergent au Raffles de Singapour, où le passé tourmente les personnages autant que leurs apparences les définissent.

Trois histoires, trois narrations : Kariya le photographe qui a couvert la guerre du Vietnam, Takeo qui organise des visites pour de riches touristes et Moeko l’actrice Et principalement un décor : le Raffles, Hôtel à Singapour

Dans les romans de Rŷu Murakami, les personnages ont souvent un monde intérieur qui se mélange allègrement avec le monde extérieur.
Pour Kariya, c’est le Vietnam qui a laissé en lui un trou béant.
Pour Moeko, c’est selon ses propres dires, une station balnéaire. C’est un personnage difficile à cerner. Une actrice permanente, totale.
Chaque geste, mimique, ébauche de mouvement semble être calculé.
Elle semble disparaître en même temps que son rôle dans la vie.
Celui d’une actrice à la poursuite de son photographe. Elle reproduit extérieurement tous les clichés de ce rôle (comme l’achat d’orchidées pour inonder sa chambre de Raffles Hôtel).
Celui d’une personne extérieurement superficielle.
Mais intérieurement… Moeko est assurément manipulatrice et destructrice. Mais on ne sait à quel moment son monde intérieur domine ou si ses actions sont sa propre volonté de se parfaire dans son rôle.

Un roman perturbant. Les récits de Ryû sont très souvent fortement teintés d’onirisme. Mais c’est la première fois que j’ai autant de mal à cerner les contours d’un personnage.
Amusant paradoxe alors que justement par sa narration à trois voix, l’histoire est bien racontée dans les détails (un peu de répétition) par chacun des trois personnages.
Racontée, mais expliquée pas vraiment, surtout pour Moeko tellement insaisissable qu’elle en disparaît.

Note

Ce fut une histoire portée à l’écran par l’auteur lui-même. L’avez-vous vu ? Je serais curieux de connaître votre opinion sur le film.

Suggestions de Lecture

Japon, 365 us et coutumes

David Michaud

★★★★☆

Petit format illustré de motifs d'estampes japonaises proposant 365 usages et coutumes contextualisés, idéal pour découvrir les règles sociales nippones sans prétention didactique.

Touiller le miso

Florent Chavouet

★★★★☆

Un carnet de dessin tendre célébrant les détails discrets du Japon, du saké aux ruelles, servi par des croquis doux et des haïkus.

I am a hero

Kengo Hanazawa

★★★★☆

Ce manga de zombies au Japon alterne entre action intense et introspection, avec une qualité inégale entre les tomes mais un intérêt global solide.

Suivre le blog

Pour ne rater aucun article, abonnez-vous au flux complet ou au flux des extraits.