Le Jardin Arc-en-ciel
Ito Ogawa
★★★★☆
Deux femmes japonaises construisent une famille dans la campagne, trouvant refuge et complicité loin du jugement, dans un récit bienveillant empreint de retenue.
Un essai nécéssaire, à la fois personnel et étayé, sur la place des femmes au Japon.
J’avais beaucoup aimé « L’affaire Midori ».
Un roman à la fois fiction et analyse de la société japonaise.
J’avais aussi très apprécié « Japon, la face cachée de la perfection ».
Je recommande déjà ces deux ouvrages.
Le Japon compte pour la première fois une femme première ministre, il est temps de passer de se plonger sur la place des femmes au Japon.
Embarquez-vous pour un fascinant essai.
Chaque chapitre couvre un aspect particulier.
Chaque chapitre est un subtil mélange entre expérience personnelle de l’autrice et point de vue général et étayé sur la société japonaise.
Avec un dosage que je devine travaillé.
Karyn Nishimura-Poupée est une journaliste française installée au Japon, mariée à un Japonais, mère.
C’est donc la personne idéale pour nous transmettre un pan entier méconnu pour nous et même pour les Japonais.
C’est un essai écrit avec des convictions.
Il ne va pas plaire à tout le monde tant du côté des mouvements féministes divisés que du côté des conservateurs.
Mais l’essai ne s’appuie pas sur des anecdotes de la vie courante de l’autrice. Non il est étayé.
Les propos sont appuyés par de solides études quand il en existe ! Elles sont parfois lacunaires et surtout peu nombreuses.
La place des femmes est aussi effacée par le manque d’études sociologiques.
Oubliez la phrase éculée « Le Japon entre tradition et modernité », mais plongez-vous dans le Japon entre loi, gouvernement, dénatalité et pression sociale.
Elle se matérialise jusque dans les Kanjis
L’idéogramme qui place une femme sous un toit signifie la sûreté, la tranquillité. Dans l’esprit de beaucoup d’hommes un peu âgés, une épouse à la maison, c’est effectivement cela : la sérénité.
Entendons-nous, la pression sociale est générale :
S’il y a bien une chose que ne font pas assez les Japonais, c’est interroger le bien-fondé de telle ou telle pratique, telle ou telle instruction, telle ou telle tradition. Son existence-même suffit à la justifier. Si une consigne a été un jour établie, c’est a priori qu’il y avait une bonne raison. Plus besoin de la connaître. Supposer qu’elle a dû exister suffit.
Mais dans un contexte de dénatalité
Alors qu’en France, en 2025, 645 000 enfants sont nés, un total considéré comme très bas, au Japon, ce n’est guère plus : 670 000, sans compter cependant les 36 000 étrangers nés sur le sol japonais dont la nationalité et le statut ne leur permettront pas forcément de rester. Il y a donc très peu d’écart – seulement 25 000 enfants – alors même que la population japonaise est presque deux fois supérieure à la population française. Les injonctions paradoxales faites aux femmes : tenez impeccablement votre intérieur, travaillez mais à temps partiel, occupez-vous des enfants… La charge mentale est considérable et invisible aux yeux de la société, des hommes politiques (j’utilise homme à dessein).
Non en Europe ce n’est pas mieux. C’est différent et ce sont ces différences habilement décrites par Karyn Nishimura-Poupée qui nous sautent alors au visage. Le silence est peut-être plus assourdissant.
Ce n’est pas le signe d’un changement sociétal. C’est plutôt un concours de circonstances politiques.
C’est même, je le comprends, contre-productif : « Regardez à force de travail, d’abnégation… Elle est devenue première ministre ».
C’est au contraire l’arbre qui cache le désert politique, managérial des femmes dans la société japonaise.
L’espoir ne vient pas de la première ministre, mais d’autre part et je vous laisse découvrir quelle autre femme admirable est bien plus porteuse d’espoir et d’émancipation.
Ma chronique est maladroite et ne saurait rendre justice à la qualité de l’essai.
Lisez-le : même si vous croyez connaitre le Japon, surtout si vous pensez le connaitre.
Ito Ogawa
★★★★☆
Deux femmes japonaises construisent une famille dans la campagne, trouvant refuge et complicité loin du jugement, dans un récit bienveillant empreint de retenue.
Hiroshi Sakurazaka
★★★★☆
Un roman de science-fiction japonais qui surpasse son adaptation cinématographique en proposant un protagoniste ordinaire face à la guerre, loin du héroïsme hollywoodien.
Kengo Hanazawa
★★★★☆
Ce manga de zombies au Japon alterne entre action intense et introspection, avec une qualité inégale entre les tomes mais un intérêt global solide.
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