La Russie s’est effondrée. Il y a eu une guerre. Il ne reste que la « Moscovie » qui s’étend depuis Moscou jusqu’à l’avant-poste de Iaroslav.
Au-delà ? Personne ne sait ce qu’il y a.
La frontière est marquée par la Volga prise dans un brouillard mortel depuis des années.
La mission de la garnison est de garder l’unique pont qui l’enjambe.
Garnison est un bien grand mot. Iaroslav est juste une petite communauté qui survit loin de tout.
Egor le fils adoptif du chef de cet avant-poste raconte sa morne vie faite d’attente, d’ennui, de faim aussi quand Moscou n’envoie plus rien.
Tout l’environnent semble empoisonné et encore plus de l’autre côté du pont.
Mais un jour un homme venu de l’autre côté le franchit.
Qui est-il ? Personne n’arrive à déterminer s’il est un moine, un prêtre, un fol en Christ ?
Moscou envoie une troupe de soldats. Troupe qui va décider de franchir le pont…
C’est un roman en plusieurs parties.
La première m’a rappellé « Le Désert des Tartares » de Dino Buzzati.
L’attente, le sentiment de l’inutilité, les instructions lacunaires de Moscou.
Sauf qu’ici l’horizon n’est pas vide. L’horizon est bien plus proche et bien plus effrayant.
Il y a aussi un peu du « Château » de Franz Kafka.
La seule liaison avec Moscou est une ligne téléphonique.
Les communications sont lacunaires. On obtient péniblement des responsables toujours différents.
Le seul point qui rassemble ces militaires ? Un égal mépris pour l’Avant-Poste.
À Moscou, on a des combats plus important à mener !
L’absurdité de la mission de l’Avant-Poste…
Une première partie au rythme assez lent.
Une lenteur un peu fastidieuse, mais qui permet de faire la connaissance des personnages clefs de la garnison.
Chacun son histoire, ses aspirations refoulées, son histoire.
Egor épris de la belle Michelle, se rêve en star du Rock. Pour quel public ?
Seconde partie
Soudain une situation qui semblait immuable change. Un homme sort littéralement du mortel brouillard.
En plus d’être vraiment peu disert, l’homme comble un vide spirituel.
En effet, on prie à Iaroslav. On se sent abandonné sur terre comme dans les cieux.
On se sent complètement dépossédé de son destin, de son avenir.
Alors le moine dispense un message de foi, mais un message très sombre : Dieu les a abandonnés. Satan règne sur la Terre.
Lui qui vient de l’autre côté…
La dernière partie… elle bascule dans le fantastique.
Je ne vais pas divulgâcher… mais la frontière fluviale va s’ouvrir en quelque sorte.
Les militaires y sont partis. Egor y a tenté plusieurs excursions.
Mais ce qu’il a vu dépasse la compréhension.
Un thème qui traverse tout le roman.
Le déclassement.
On ignore tout de la guerre qui a précédé. Guerre civile ? Qui contre qui ? Pourquoi ?
Tout ce qui reste, c’est une Moscovie qui n’est plus que l’ombre de la Russie.
Alors, il ne reste qu’un maigre espoir de retrouver une grande Russie.
On y aspire. On prie pour cela.
Mais des horreurs ont été commises.
Horreurs qui ont détruit la nation et la nature. Nature qui semble se retourner contre l’humanité.
Remarques finales
Il est indiqué « Tome 1 » dans le titre.
Le roman ne semble pas se passer dans le même univers que le chef-d’œuvre « Metro 2033 ». Mais…
J’ai un doute. Personne ne dit que Moscou a été annihilée par des bombes nucléaires.
Mais la capitale est bien fugace… et si les appels téléphoniques n’y arrivaient tout simplement pas là où on le croit ?
Il y a beaucoup de mensonge et de dissimulation dans l’« Avant-poste ».
Alors pourquoi la Moscovie n’en serait pas un ?
Dans l’esprit ce roman me semble plus proche de l’immense jeux « Metro Exodus ».
Pour une fois mon conseil ne sera pas « lisez le roman ». Enfin si : Lisez « Metro 2033 » puis jouez à « Metro Exodus ».
…Sauf si le tome 2 sort.
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