Un kimono pour linceul

Jean-Michel Leboulanger ★★★★☆ 13/11/2018

Un ancien terroriste basque confronte son passé nippon et les yakuzas qu'il avait côtoyés, dans un polar crédible où le Japon et ses criminels échappent aux clichés.

Un ancien fils de terroriste basque au soir de sa vie retourne au Japon pour renouer avec une période marquante de sa vie. Les Yakuzas qu’il avait fréquentés alors vont ressurgir et l’entraîner à rouvrir certaines plaies.

Un bon polar qui fait le lien entre un ancien terroriste basque et le milieu des Yakuzas.
J’avais peur de tomber dans deux pièges :

  • un Japon mal décrit
    Peur infondée. On se sent au Japon.
    Les détails géographiques sont justes. La société et même la vie de tous les jours sont bien décrits de façon réaliste et non caricaturale.
    On s’y croirait.

  • des Yakuzas qui ont de l’honneur et qui ont des phalanges en moins
    Oui le roman commence par un Yakuza qui se coupe une phalange mais le prétendu “code d’honneur samouraï” est vite contredit par les pires pratiques.
    J’y ai reconnu certains sujets comme le trafic d’êtres humains (Cf Tokyo Vice de Jake Adelstein).

Deux bons points pour le roman donc.

L’écriture est efficace. L’intrigue est prenante.

Les thèmes centraux sont parfois attendus comme la vengeance, la recherche de son passé, la relation entre le patient et la femme docteur. Cette relation est ce qu’il y a de plus prévisible dans le roman.

Heureusement il y a parfois quelques retournements de situation inattendus pour déstabiliser les petites certitudes des lecteurs sur la suite du récit (je ne vais pas spoiler).

D’autres thèmes sont plus nouveaux (pour moi) comme cette troublante proximité entre Aïnus et Basques.

Un bon roman, un bon polar.

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