Chroniques amasiennes, tome 1

Bernard Afflatet ★★☆☆☆ 8/01/2019

L'exploration intéressante du conditionnement social en contexte spatial pâtit d'une narration excessivement descriptive et de dialogues impersonnels qui figent les personnages.

Une bonne idée : celle du “meilleur des mondes” appliquée à la colonisation spatiale. Les “colons” suivant les différentes phases sont conditionnés à des rôles précis sans aucune échappatoire. Mais une “ouverture” va se faire et devenir une brèche béante au milieu d’un système total.

Des défauts sur la forme :

  • extrêmement descriptif (exemple : après un chapitre d’action, une centaine de pages de description interrompt le récit). Il n’est point besoin de tout décrire.

  • Les personnages sont tellement conditionnés qu’ils n’utilisent jamais le “je”, mais constamment le “on”. C’est un bon moyen d’indiquer qu’ils sont encore sous l’emprise de leur culture, mais cela rend les dialogues tellement impersonnels. Exemple : — On ne doit pas s’inquiéter, Moe Phä. On a préparé, ensemble, un message à l’attention de Pö-Henn, n’est-ce pas ? On le diffusera sitôt arrivés sur l’Olympus Mons. — On remercie la professeure et Gotty Zë-Henn de rester prudents, surtout si l’on doit aller le retrouver dans Sol-Phasis.

J’aurais aimé que les personnages parlent plus librement, d’autant plus qu’ils fomentent un soulèvement. Peut-on être “révolutionnaire” et ne pas savoir dire “je” ?

Je ne suis pas arrivé à croire en cette société humaine si avancée et documentée, mais en même temps si aveugle à sa propre condition.

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