Tè mawon - Michael Roch - 5/5

Un nouveau roman de Michael Roch ! Quelle bonne nouvelle !
Chaque roman de cet auteur est un voyage vers un nouveau territoire.
Et j’ai trouvé la clef de ce voyage-ci dans le roman lui-même :

Ce qui nous aliène, c’est de rester prisonniers d’un langage

Et Michel Roch, artisan écrivain, nous projette dans un monde cyberpunk caribéen aux multiples Kreyols.
Oui, caribéen. Au bout de quelques pages seulement, il devient évident qu’il faut un nouveau cyberpunk.
Les grandes villes, les futures mégalopoles ne sont plus l’apanage de l’Asie et de l’Occident. Pensez à Lagos.
À propos de Lagos, je vous conseille la lecture de Manuwa Street

Mais revenons au roman.
Le récit se passe dans la mégalopole de Lanvil.
La mégalopole a physiquement et même bien plus fondamentalement effacé, écrasé ou plutôt enseveli le passé.
C’est une ville verticale.
En ville verticale sans racines. Alors certains montent le projet fou de creuser, creuser pour retrouver la terre, la terre des origines.
Mais creuser est-il la solution ?
Creuser pour trouver quoi ?

Il m’a semblé que le véritable personnage du roman est le langage, les langages, les kreyols.
J’y reconnais l’empreinte de l’auteur qui sculpte les mots, la langue, les phrases.
Parlons-nous ? Mélangeons-nous ? Mélangeons nos langues.

Attention, il y a bien plus de thèmes dans ce roman que ceux si maigrement développés dans mon avis.
Il y a toujours de l’épaisseur dans les écrits de Michael Roch. Même dans les moments d’action.
Et de l’action, vous en trouverez aussi.

Un roman très complet donc.
Une expérience de lecture que je recommande.

Quelques citations

Si tu veux sauver le monde, tu fais en sorte qu’aucune langue n’en domine une autre. Parce que quand une langue domine l’autre, l’autre finit par lui appartenir et disparaître.

Le monde est hyperconnecté, mais personne ne fait plus attention à la douleur de l’autre.

Retrouver la terre des ancêtres et puis après ? Que cessent les discriminations, les oppressions ? C’était le combat de nos aïeux, ce n’est plus le nôtre. La grève contre les classes sociales d’en-haut et les corpolitiques est éternelle. Elle n’a même plus de revendications claires. C’est un fourre-tout émotif, de rage et de colère qui n’appartiennent qu’à ceux qui se battaient vraiment pour leur émancipation. C’est bon, c’est fini ! Le Tout-monde n’existe pas. La terre de nos ancêtres n’a jamais existé. La vraie terre, nous l’avons détruite, nous l’avons rasée.

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Je recommande la version eBook bien réalisée et sans DRM



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