Le Roi des Aulnes - Michel Tournier - 5/5

3 janvier 1938.
Tu es un ogre, me disait parfois Rachel.
Un Ogre ? C’est-à-dire un monstre féerique, émergeant de la nuit des temps ?
Je crois, oui, à ma nature féerique, je veux dire à cette connivence secrète qui mêle en profondeur mon aventure personnelle au cours des choses, et lui permet de l’incliner dans son sens.
[…] Je relis ces lignes. Je m’appelle Abel Tiffauges, je tiens un garage place de la Porte-des-Ternes, et je ne suis pas fou.
Et pourtant ce que je viens d’écrire doit être envisagé avec un sérieux total.
Alors ? Alors l’avenir aura pour fonction essentielle de démontrer - ou plus exactement d’illustrer - le sérieux des lignes qui précèdent.

C’est un roman à part : mythologique, mythique, scatologique, dérangeant, épique, cruel et hautement symbolique.
L’écriture est riche, dense. L’auteur est très cultivé et cherche le mot juste et exact pour dépeindre la réflexion philosophique la plus élevée comme l’analyse de l’acte défécatoire.
Abel Tiffauges traverse une vie et une époque troublée. Pour lui, tout est signe.
Abel pense que ces signes lui sont personnellement adressés.

Des thèmes traversent tout le roman : tomber, porter, l’image, les enfants, le destin, l’ogre.
Abel Tiffauges est un ogre : Il dévore métaphoriquement le monde. Il absorbe les images, les enseignements et presque les enfants.
Des personnes lui serve de guide a différentes étape de sa vie : Nestor qui le prend sous son aile à l’orphelinat, un militaire colombophile, un garde-chasse, un noble prussien, un médecin nazi.
Abel parle peu. Il écoute. Il observe.
Emmené par la guerre de plus en plus vers l’Est, il transcende son statut de prisonnier. Il devient un ogre à la recherche de l’enfant parfait.
Sa fascination pour l’enfant, la question de la pureté, de l’innocence parcourent tout le roman oscillant entre l’allégorie, l’analyse la plus profonde et parfois l’ambiguïté.

Un roman fort et dense.
Un voyage initiatique à nul autre pareil.

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