Monsieur Sakai est un employé comme les autres. Tous les dimanches, il se promène. Il aime profondément cette ville qui semble pour lui organique et vivante. Ses pérégrinations l’emmènent là où Tokyo sécrète son propre avenir sous la forme de terrains vagues, anciennes décharges d’ordures. Et oui, c’est là son île des rêves… Il va faire là une rencontre…
Comme son nom l’indique, c’est un roman très onirique. Les promenades de Mr Sakai sont prétextes à des sortes de rêves éveillés. Le rythme est lent comme dans un manga de Taniguchi. Monsieur Sakai est l’un des personnages du roman. Tokyo est l’autre personnage principal. Cette ville est vivante. Elle semble se construire elle-même consciemment vers la mer. C’est là que Monsieur Sakai retrouve les témoignages d’une vie qui lui échappe. Les ordures produites puis assimilées sont à la fois les témoins d’une vie révolue et les bases de l’avenir toujours plus grand, étendu et haut de Tokyo. Si vous ne connaissez pas Tokyo, ce roman vous en donnera une image très particulière. Si vous la connaissez, peut-être retrouverez-vous ces traits qui font de Tokyo ce qu’elle est. Ce mélange de beau et de laid, de massif et d’intimiste, de peuplé et de désert, de vertical et d’étendu, d’oppressant et de libérateur… Car depuis ces terrains vagues, c’est bien Tokyo qui est sans cesse au cœur du roman.
Un roman très particulier donc, mais fascinant (bon, je ne suis pas neutre, cette ville me fascine… j’y retourne d’ailleurs pour la troisième fois bientôt pour une trop courte semaine) J’ai retrouvé dans ce roman l’onirisme des premiers Haruki Murakami (avant qu’il devienne plus conventionnel).
