Sarah Wynn-Williams ancienne diplomate intègre Facebook pour « changer le monde ».
Elle convainc la compagnie qu’ils ont besoin de quelqu’un qui gère les relations politiques internationales.
Je savais Facebook/Meta/Marc Zuckerberg ignobles. J’avais envie de savoir à quel point et de quelle façon…
L’autrice est extraordinairement naïve et idéaliste.
C’est l’idéalisme qui m’a initialement conduite vers Facebook. Avec le recul, j’ai un peu honte de l’admettre. C’était en 2009, à une époque où il était possible d’être optimiste à propos de Facebook, en ces temps innocents où l’on pouvait encore entretenir de l’espoir pour Internet.
Les conditions de travail sont écrasantes.
En tant qu’employée, je n’ai pas d’autre choix que de m’adapter à son programme, en travaillant avec une intensité écrasante et en ne m’accordant que quelques heures de sommeil, entre 1 h et 5 h du matin, le créneau où elle dort elle aussi, afin d’être disponible pour répondre à ses e-mails dès qu’elle les envoie.
Et rien ne semble choquer l’autrice. Elle répond même à des mails en salle d’accouchement !
J’ai été sidéré. Comment rester dans des conditions si ignobles.
Évidemment sans travail pas de couverture de santé. Bienvenue aux États-Unis d’Amérique.
On suit donc Sarah dans la dissonance grandissante entre ses valeurs, ses idéaux et l’obsession de l’entreprise pour la croissance et la collecte des données.
En réalité, l’instinct naturel de l’équipe Facebook, qui consiste à collecter des données, à adopter une approche uniforme dans tous les pays et à refuser de s’en écarter, ne fonctionne pas dans le domaine du don d’organes.
Elle rencontre de plus en plus souvent Marc Zuckerberg.
Il est au début indifférent et méprisant. Un aspect très frappant de Facebook est la valorisation jusqu’à l’absurde. La politique est ignorée.
Mais la politique s’invite dans le débat avec les premières régulations.
L’indifférence s’évapore.
Le mépris reste.
Marc prend goût à rencontrer les puissants. Mais lui se voit au-dessus : il n’est pas là pour 4 ans !
De plus les hommes politiques ont besoin de Facebook et de lui pour gagner les élections.
Le livre ne dit pas que Facebook est LE levier déterminant.
Mais, il reste que le candidat Trump a massivement utilisé Facebook et Facebook a même délégué des employés dans son équipe pour optimiser sa campagne.
Facebook a intégré du personnel à l’équipe de campagne de Trump à San Antonio, pendant des mois, aux côtés des responsables du programme, des rédacteurs publicitaires, des acheteurs médias, des ingénieurs réseau et des scientifiques des données de la campagne Trump. Un opérationnel de l’équipe Trump, un dénommé Brad Parscale, a dirigé les opérations avec le personnel de Facebook infiltré, et il a pratiquement inventé, pour une campagne politique, une nouvelle façon de se frayer un chemin jusqu’à la Maison-Blanche, en ciblant les électeurs avec des informations erronées, des messages incendiaires et des appels aux dons. Boz, qui dirigeait l’équipe publicitaire, l’a qualifiée de « meilleure campagne publicitaire numérique que j’ai jamais vue de la part d’un annonceur. Point final ».
Le livre termine sur les conséquences de l’introduction de Facebook au Myanmar.
Campagne de haine. Pas de modération. Cette entreprise fait des milliards. Elle est complètement indifférente aux émeutes, aux violences inter-ethniques, inter-religieuse.
Il n’y avait qu’un seul modérateur. Un prestataire à Londres pour un pays de 60 millions de personnes.
C’est d’autant plus grave que le pays est passé de « Pas d’internet » à « Facebook sur mobile ».
Oui internet par le filtre d’une caisse de résonance non modérée et favorisant les pires réactions
Amnesty le décrit très bien : « Le système algorithmique de Facebook a promu la haine contre les Rohingyas et a contribué ainsi aux atrocités commises par l’armée du Myanmar. »
Sarah finit par quitter Facebook.
Facebook qui l’attaque pour ce qu’elle raconte dans son livre.
Quelques liens
- Facebook veut la faire taire. « Meta legal action forces Facebook whistleblower to sit in silence at Hay festival »
- La chaîne « Spline LND » et « Stupid Economics » ont fait une vidéo sur les procès historiques de 2026 « Le scandale caché des réseaux sociaux »
- La manipulation politique avec le « Scandale Facebook-Cambridge Analytica ».
Scandale soldé pour une bouchée de pain : « Données personnelles : Facebook solde le scandale Cambridge Analytica » - La protection de vos données :
- Des publicités frauduleuses ? Peu importe vu la manne financière : « Ce nouveau scandale hallucinant prouve que Meta se fiche royalement de ses utilisateurs »
- Des publicités pour des drogues dures ? « Scandale : Meta critiqué pour des publicités de drogues dures »
- « Zuckerberg’s increasingly bizarre war on whistleblowers »
