L'enfer du troll - Jean-Claude Dunyach - 5/5

De l’humour ? De la fantasy ? Parlons tout de suite de la comparaison qui viendra à tous : Sir Terry Pratchett.
Non ce n’est pas « du Pratchett ». Bien sûr, il y a une certaine proximité, mais surtout de drôles et délicieuses différences !

Il y a, par exemple, des couples un peu particuliers : le couple du troll narrateur et un couple humain un peu spécial (ne divulgâchons pas).
Il y a surtout des thèmes différents que j’ai trouvé plus contemporains.
Comme l’intrusion de discours « managériaux »

— Nous avons en ce moment une opportunité de réintégration dans notre organigramme d’emploi, sous la forme d’une position temporaire en tant qu’expert missionné avec un cadre budgétaire adapté, défini en dehors de la grille de rémunération habituelle, mais néanmoins conforme aux pratiques standard qui s’appliquent aux individus dotés de vos capacités spécifiques, dans l’environnement concurrentiel que nous subissons en ce moment.
— Ça veut dire qu’il me paiera le moins possible, dis-je à ma trollesse.

ou

— À partir de maintenant, c’est toi qui t’occupes de ça. Ça s’appelle du management participatif. Je manage et, toi, tu participes.
— Vous exagérez, chef. C’est toujours moi qui fais le boulot !
— Quel que soit le nom qu’on donne à la technique de management, ça se ramène à ça…

Les trolls sont envoyés en mission vers quelque chose qui pourrait être la fin du monde.
Ils ont un budget (y compris pour offrir des zombies pour l’entrainement des « chevaliers ») et la menace finale inclut entre autres du « gaz de management très enrichi ».
C’est dire le danger !

Le voyage se passe en bateau en charmante compagnie :

  • des « chevaliers peu toniques »
  • des nécromants consultants qui fabriquent des boules à neige tellement horribles que l’on n’a qu’une envie : les secouer pour masquer leur contenu
  • un stagiaire
  • le chevalier qui a sorti Excalibur (par hasard on peut dire) et qui vient de se marier. Mariage spécial…

Le mariage semble lui réussir, il a moins l’air hagard. Juste résigné.

ou

D’après ce qu’elle m’a confié, avant d’être mariée elle lui laissait parfois finir ses phrases afin de mieux les réduire en miettes à coups d’arguments massue, de bouderies et de refus de tout contact intime jusqu’à ce qu’il change d’avis. Sheldon a ainsi pu se rendre compte de la supériorité intellectuelle de son épouse, sans toutefois perdre ses mauvaises habitudes de vouloir contester ce qu’elle disait, par pure étourderie.

La destination ?

Un volcan, l’enfer… qui ressemblent bizarrement à une entreprise… tient donc

— Vous êtes en danger de mort. À partir de maintenant, tous ceux que vous croiserez chercheront à vous éliminer sans pitié.
— Pourquoi ?
— Vous n’avez pas de badges.

Je ne saurais rendre dans cette chronique à quel point le couple de troll est à la fois drôle, fantaisiste et attachant. Les dialogues sont truculents.

J’aurais envie de citer ici la moitié du livre. Mais je ne ferais pas. Les citations seraient moins drôles sortie de la trame du récit.

Un livre que je classerais volontiers dans les « livres qui dont du bien ».
Et je m’aperçois que « l’Empire du troll » sortira le 25 février.
Pour ma part c’est précommande les yeux fermés (enfin je les ouvrirais le 25 quoi !)
Oui vous pouvez voir dans ce dernier paragraphe le goût de « pas assez » m’a saisit à la fin de ce roman.

Où le trouver ?



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