Tous à Zanzibar - John Brunner - ★★★★☆

Tout d’abord : ma critique sera médiocre. Que dire de plus sur un roman majeur de la Science-Fiction. Un roman de 1968 !
Mes avis sont un peu des « syndromes de l’imposteur » matérialisés.

On qualifie ce roman de visionnaire de prophétique.
J’ai un peu de mal avec ses qualificatifs.
J’éprouve un certain malaise.
La science-fiction doit-elle être une Pythie de Delphes moderne ? Un mode d’emploi pour le futur (j’espère que non).
Mais il faut bien reconnaitre que cet œuvre fait mouche et même encore plus mouche en 2025 ! Comment ? vous le saurez après…

Conseil de lecture : « Accrochez-vous ». Drôle de façon de continuer mon avis sur un roman n’est-ce pas ? Mais c’est un avertissement nécessaire.
En effet…

Le Fond

L’intrigue ne commence pas tout de suite.
On est d’abord seulement exposé au « monde » du roman.
Une société eugéniste. Pas d’enfant sans un génotype immaculé.
Surpopulation. La aussi, on ne fait pas « trop d’enfants » impunément.
Les codes sociaux sont assez hermétiques au premier abord. Les meurs, la culture sont étranges.
Certains aspects datent (la guerre avec l’URSS), d’autres sonnent juste (les méga-corporations).

La forme

Les chapitres commencent souvent par un flux de bribes d’actualités.
Comme un fil d’actualité de réseau « social ». Dans un roman paru en 1968 !
Il y a aussi des citations tirées d’un mystérieux ouvrage subversif.
Certains chapitres sont des « nouvelles » du monde. D’autres font avancer le récit.
C’est parfois déroutant.

Et donc

Des bribes d’informations, une société aux valeurs parfois dites, parfois suggérées.
Des personnages qui se mettent en place très lentement et qui semblent, parfois, bien superficiels (dans leur vie, pas dans le roman).
Il ne se passe pas grand-chose au début. On est exposé à l’air ambiant plus que plongé dans une intrigue.
Mais une fois installé dans cette société polluée, on comprend les enjeux, les tensions. Et on découvre un roman qui résonne tellement avec notre monde contemporain.

Il y a un super-ordinateur auquel on confie les plans d’une corporation toute-puissante.
En bonus un des personnages détourne ce superordinateur comme on le fait aujourd’hui avec les « assistants ».

« Tous à Zanzibar » est une revisite bien utile du « meilleur des mondes ».
Il précède « Soylent Green » tout aussi visionnaire.

En conclusion

Roman majeur de la science-fiction ? oui. Il faut juste mériter d’être transporté dans un roman à la forme déroutante (au début).



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