Au fin fond de la Russie, le responsable local de la Tchéka, Sroubov, raconte son travail.
Son travail de bourreau.
Il exécute, il interroge, il torture. Dans la cour, dans les cellules…
Il sert la Révolution : « Elle ».
« Elle » a besoin de purger tous ces éléments qui lui résistent.
Alors, il est là pour extirper, assainir le grand corps malade qu’est la Russie.
Avertissement
Pas d’introduction. Le récit plonge directement dans le cauchemar.
Cauchemar ? Vladimir Zazoubrine mélange avec brio le réalisme le plus cru et le lyrisme.
Entre les deux, c’est tout un vocabulaire sensoriel, imagé pour dépeindre ce que l’on pourrait qualifier d’abattoir.
Il m’a rappelé certains moments le film « L’Échelle de Jacob »
Sroubov exécute. Il est craint. Il est détesté. Sa femme ne peut plus vivre avec « ça ».
De toute façon, il la sert « Elle » et peu importe si même au théâtre, il sent la peur des autres spectateurs.
Des fissures apparaissent dans l’implacable armure de Sroubov : le sang ne part pas même quand il n’y en a pas et la nuit, il faut que la lumière reste allumée.
La bascule n’est pas loin.
Elle survient brutalement et c’est maintenant lui qui doit être extirpé.
Un livre écrit en 1923.
Il dépasse clairement son contexte bolchévique et son époque.
Il préfigure toutes les horreurs du fanatisme pour le bien, pour « Elle ».
Qu’« Elle » soit la révolution bolchévique, culturelle, maoïste, nazie les mêmes horreurs auront lieu.
Lecture recommandée
Autres avis
- Des Livres Rances est toujours une mine d’ideés de bonnes lectures
Le trouver en Ebook
Cet article « Le Tchékiste » est paru en premier sur Post Tenebras Lire.
Un blog sans publicité ni cookie ni IA.
