Nous ne vivrons pas sur Mars, ni ailleurs

Sylvia Ekström ★★★★☆ 17/09/2022

Essai démontrant l'impossibilité biologique et pratique de coloniser Mars, en révélant l'ampleur des obstacles physiologiques que l'humanité ne peut surmonter.

Un essai de 166 pages pour nous remettre « les pieds sur Terre » à propos de voyager vers Mars, d’y passer ou de s’y établir.
L’essai n’attaque pas immédiatement le sujet.
Le premier tiers tente, et je dis tente, car la tâche est quasiment impossible, de nous faire prendre la mesure des immensités qui nous entourent.
Même avec des images bien choisies, les échelles de temps et de distance nous sont tout simplement inaccessibles.

Ensuite, après un bref passage sur l’état des projets actuels, le livre attaque le cœur du problème : « notre inadaptation profonde et totale au voyage spatial ».
Certains problèmes m’étaient connus comme la nourriture, l’eau, les radiations, les os…
Mais l’ampleur des difficultés à affronter est tout simplement au-delà de ce que j’imaginais. Les « challenges » sont hors de portée de nos capacités dans un futur proche et même lointain.

Après une traversée dans un confinement extrême, les marsonautes arriveront irradiés, ne pourront pas se mettre debout avant des jours et devront vivre une fois sur place dans des logements exigus, voire sous la surface.

Regardez quelques vidéos d’astronautes immédiatement après leur atterrissage, les traits tirés, enfoncés dans des sièges spéciaux, entourés par des gens qui ne seront tout simplement pas là sur Mars.

Fait amusant : j’ai appris que dans l’ISS les habits ne sont pas lavés. Oui, la « blanchisserie » est bien sur le plancher des vaches ! Je vous laisse extrapoler sur plusieurs mois ou années loin de la blanchisserie en question.

Je vous laisse lire les conséquences des contraintes du voyage, des micrométéorites, des radiations sur l’enfermement qui attend les volontaires.

Pas question de « prendre l’air », les contraintes des sorties ne ressemblent pas à un simple passage par un sas. On s’approche plus de la sortie en scaphandre.
Une déchirure et c’est la mort.
L’impact psychologique : enfermement sans hublots ou presque, promiscuité, danger pèseront lourd.

Avant de conclure, l’essai aborde la terraformation de Mars.
La science-fiction nous a proposé moult exemples… mais il faut regarder la vérité en face.
Changer l’atmosphère d’une planète ayant une atmosphère 150 fois moins dense que celle de la Terre. Bon courage !
Surtout que les efforts seraient vains : Mars perd son atmosphère !
Peu de gravité, pas de bouclier magnétique et un bon vent solaire réduiront à néant les efforts.

Mais alors ?

Oui, on peut rêver, mais les rêves dans lesquels on fait pousser des pommes de terre sur Mars doivent se confronter à la réalité.
Mars ne sera pas le plan B d’une Terre dont on massacre la biosphère.
Il n’y a pas de plan B

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