Le silence du bourreau

François Bizot ★★★★☆ 27/02/2013

François Bizot témoigne du procès de Douch, son tortionnaire khmer rouge, révélant la face cachée de celui qui l'avait libéré, bien que le récit manque de profondeur.

Cadre de ce billet

J’ai reçu ce livre (papier et oui !) grâce à Babelio et sa masse critique

Résumé personnel

François Bizot a été incarcéré par les Khmers rouges et relâché peu de temps après par le responsable du camp : Douch.
Il va découvrir ensuite que son “libérateur” a torturé et tué directement et indirectement un très grand nombre de personnes.
Il témoigne à son procès.

Avis

Hélas…

Je n’ai pas lu son précédent livre “Le Portail” qui raconte plus en détail son incarcération. “Le Portail” semblerait être plus “récit” que le silence du bourreau.
J’ai ressenti clairement le besoin de lire “Le Portail” avant ce roman.

Le silence…

Ce texte n’est pas l’histoire de François Bizot au quotidien, mais c’est le témoignage d’un écrivain qui prend de la hauteur. Mais attention, “hauteur” est sans doute un terme impropre. Il ne s’éloigne pas des faits, de la réalité. Au contraire, il semble plonger à la fois au plus profond de lui pour trouver parfois des ponts, des points communs entre lui et son bourreau, et en même temps trouver et retrouver chez l’Homme ces mêmes traits.
Parfois des détails, des phrases, des situations transpercent le roman comme s’ils remontaient à la surface.
Mais la plupart du temps, l’auteur brandit à la fois un miroir et à la fois le visage de Douch pour se regarder lui-même.
C’est un point très remarquable : comment un homme condamné, qui a vu ses amis disparaître, son pays (d’adoption) ravagé, peut-il ne pas juger son bourreau comme un monstre sans humanité ni excuse ?
Très éloigné de la situation vécue, il est difficile de juger, de mesurer… mais le silence du bourreau nous explique, nous relate et en fin de compte arrive à nous emmener vers son identification, son empathie profonde pour tout être humain.
Il est vrai cependant que devant des cas plus proches et plus contemporains, je ne pense pas arriver à prendre le même chemin et encore moins aux mêmes conclusions que François Bizot.
Réussir à voir l’humanité et la monstruosité en l’Homme n’est pas un chemin facile.

Style

Très bien écrit ! Des phrases que l’on sent écrites par quelqu’un de cultivé et de simple à la fois.

Bémol

Mon seul bémol : ne pas avoir lu “Le Portail” avant (ou vu les reportages) peut être frustrant, car parfois certains éléments (dialogues, situations) ne sont qu’évoqués sans élément tangible.

Ressources

Le post-scriptum (1/3 du roman) nous donne un accès direct à quelques témoignages comme : la déposition de François Bizot au tribunal

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