J’avais beaucoup apprécié « Sous la menace » du même auteur.
Je retrouve dans ce roman les mêmes bons ingrédients :
- le roman est court (et dire que j’aime les longs romans)
- une unité de lieu et de temps (un week-end, un village)
- un style savamment épuré. De la place pour les silences, beaucoup de place pour les non-dits
- une atmosphère poisseuse. Sous les gestes du quotidien, il règne une tension contenue, un malaise.
- tout ou presque est suggéré plus que dit
Dans « Faire mouche », on suit un homme qui revient dans son village d’enfance pour le mariage de sa sœur.
Tout de suite, on sent que quelque chose ne tourne pas rond dans cette famille.
Le narrateur n’est pas venu avec sa fiancée, mais avec une amie qui doit faire semblant.
Sa mère et son oncle veuf vivent sous le même toit.
Mère qui ne l’a pas élevé, car un jour elle a empoisonné son fils.
Il y a beaucoup de rancunes, de vieilles histoires, d’ambiguïtés, de choses à solder, d’anciens gestes… Alors, on se prend à dévorer le livre à la recherche d’indices, d’explications… On le dévore rapidement tout en se sentant comme englué dans ce triste village oublié.
Peu de personnages, mais tous finement observés et décrits. On sent le travail de l’auteur qui en quelques mots nous cerne chaque protagoniste.
Comme dans « Sous la menace », l’ombre des disparus plane sur les vivants.
Une réussite
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