Mon chien stupide

John Fante ★★★★☆ 15/06/2020 2 min de lecture

Un portrait sans concession d'un quinquagénaire désabusé, écrivain médiocre pris au piège d'une vie confortable mais vide, oscillant entre résignation et désir de fuite.

Une fois encore, la question la plus fondamentale et insoluble de mon existence a commencé de me hanter. Bon Dieu, que faisais-je sur cette petite planète ? Cinquante-cinq ans pour en arriver là ? C’était absurde.

Le narrateur Henry Molise est un quinquagénaire désabusé, écrivain et scénariste médiocre, marié, de grands enfants.
Henry jette un regard cynique, désabusé, caustique, sur sa famille, sa femme, ses enfants, sa vie.
Il est partagé entre la résignation et une envie de fuite.
Il m’a semblé comme pris au piège, acculé dans un coin.
Un coin confortable (grande maison dans un beau quartier) mais un coin sans issue, comme au bord d’une falaise.
Henry n’a pas l’étoffe de ceux qui partent pour d’autres horizons dans un grand moment de flamboyance et de panache.
Non, Henry reste.
Sa seule issue est improbable : il trouve un jour dans son jardin un gros chien.
Chien qui se révèle être une catastrophe ambulante et libidineux. Pas du tout un animal thérapeutique !
Rien n’ira mieux dans la vie d’Henry. Il ne va pas se raccommoder avec ses enfants, ni les remettre dans un inexistant « droit chemin », ni leur transmettre une inutile ambition.
Henry n’a rien de tout cela en lui, alors l’insuffler aux autres…
Il ne va pas non plus devenir un mari attentionné et aimant.
Oui, Henry est à la fois détestable, ignoble et attachant.
Il m’a rappelé cette citation de « Joyland » de Stephen King :

Quand tu as vingt et un ans, la vie est nette comme une carte routière. C’est seulement quand tu arrives à vingt-cinq que tu commences à soupçonner que tu tenais la carte à l’envers… et à quarante que tu en as la certitude. Quand tu atteins les soixante, alors là, crois-moi, tu es définitivement largué.

On aurait envie qu’il trouve la bonne carte. Mais il ne trouvera qu’un chien.
Un gros chien stupide qui va juste foutre le bazar dans la vie d’Henry.
La rencontre de deux anti-héros qui finissent par devenir attachants.

Suggestions de Lecture

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Un récit court mais puissant où la lutte d'un vieux pêcheur contre un géant marlin symbolise le combat inévitable de l'homme face à la nature.

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